Méditer ?

J’ai très peu médité, une dizaine de fois peut-être… ou un peu plus. L’idée de m’asseoir en coinçant les articulations du bas m’a toujours semblée étrange. Il faut dire que mon corps n’est pas adapté. Des jambes courtes, épaisses, partant vers l’extérieur, des craquements dans les genoux… bref. Inutile de rêver un jour pouvoir poser le dessus des pieds sur l’intérieur des cuisses ! La méditation en lotus serait-elle réservé aux gens hyperlaxes aux longues jambes fines ? Serait-elle réservée aux natifs des Indes, du Tibet ou de l’Himalaya ?

fleurbleueJ’ouvre mon esprit et je me détends. On me dit qu’il est possible de méditer à genoux, en tailleur, assis sur un gros coussin, sur une chaise ou même en marchant. Déjà ça me plait mieux. Ça gomme les discriminations.

Pour en savoir plus j’ouvre un livre sur le sujet : Méditer, pourquoi et comment de Karlfried Graf Durckheim. Il commence fort : « L’appel à la méditation révèle un triple problème : universel, historique et personnel. » Et bien, j’ai hâte de connaître la suite ! Durkheim tente de percer une voie dans les solides murailles des conditionnements, celles qui maintiennent la personne en captivité.

Il présente la méditation en tant qu’exercice initiatique : qui ouvre la porte du mystère. D’après lui la méditation ou tout autre exercice initiatique tend vers la percée de l’Être, vers la réalisation du Soi véritable.

Je comprends bien son point de vue. Ce livre a été écrit en 1976. Le développement personnel, la connaissance de soi et le cheminement spirituel étaient encore réservés à une minorité de gens. Le monde sortait tout juste des trente glorieuses,  il venait d’être ébranlé par la première crise pétrolière. On sentait que la douceur de vivre allait bientôt prendre fin. Lorsque la vie extérieure devient plus difficile, l’humain a plusieurs possibilités : il agit dans le monde extérieur pour le faire changer ou il retourne son attention vers la vie intérieure. Il utilise ce qui le fait souffrir pour accéder à ce qui était là depuis toujours, présent en lui, et qu’il ne voyait pas. En presque quarante ans, les voies d’éveil se sont dévoilées, presque démocratisées. Il existe maintenant un immense marché de la réalisation spirituelle où chacun peut puiser pour faire sa petite cuisine. Certains préfèrent innover, créer par eux-mêmes un plat qui leur correspond. D’autres choisissent de suivre à la lettre la recette d’un chef. Il y en a pour tout le monde.

La méditation, ce n’est pas nouveau. C’est une pratique qui date de la nuit des temps. Et du coup, ça ne se démode pas. Durkheim résume :

« La méditation se pratique de trois manières :

1) par des exercices de caractère plutôt passif, par exemple le Zazen ;

2) par des exercices plus actifs, exercices spécifiques qui servent à l’entraînement et à l’accomplissement d’une activité utile au progrès sur la voie intérieure. Exemple type : dans la tradition japonaise : le tir à l’arc, l’escrime, les exercices formatifs : dessins, peinture, danse, musique, etc. ;

3) la vie tout entière, c’est à dire le quotidien considéré comme exercice. »

mmmh ! ça commence à me plaire ! Je réalise qu’intuitivement j’ai choisi l’option 3. La vie méditative c’est un état d’être, quelque chose qui s’installe progressivement et qui permet d’accueillir chaque instant de la vie, chaque situation, chaque expérience avec un regard neuf. C’est peut-être redevenir vierge de tout jugement sur soi et sur la vie.

J’explorerai quelques exercices méditatifs pour des prochains articles, à bientôt !

 

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