Vivre ce qui est

Tous les souffrances existent parce qu’on voudrait que les choses soient différentes de ce qu’elles sont.  Lorsque le mental se cramponne à l’idée que les choses devraient être différentes de ce qu’elles sont en réalité, un stress physique et émotionnel apparait.

Vous doutez ? Essayez d’observer avec lucidité. Ce matin je suis en retard, le réveil n’a pas sonné, je vais manquer mon rendez-vous. Je me précipite, je grogne, je peste contre le réveil, contre moi, contre ma stupidité. Je m’agite, je me précipite, je ne trouve plus mon dossier, je renverse le café, je pense à mon avenir qui s’évanouit en pensée, veau, vache, cochon, couvée… ce contrat c’est sûr je vais le manquer, ma réputation va en prendre un coup, je suis nulle, maudite tache de café ça ne partira jamais, où est ce dossier, ah si j’avais mis deux réveils, la prochaine fois c’est sûr je mettrai deux réveils, et puis avec le temps qu’il fait je ne vais pas pouvoir rouler vite, ce n’est pas le moment de risquer de perdre des points sur mon permis, ah les gendarmes sont partout maintenant, où sont mes clés ?…

Bon j’arrête là, l’histoire stressante du mental qui s’emballe et qui s’imagine des histoires, les pires histoires, tellement éloignées de la réalité qu’elles en deviennent risibles.

Avez-vous déjà observé ce jeu du mental qui s’invente des histoires ? Avez-vous déjà observé que ces histoires génèrent des tensions, des émotions et une souffrance ? Avez-vous déjà observé que sans ces histoires la souffrance n’existerait pas ?

Ce matin le réveil n’a pas sonné. C’est vrai il n’a pas sonné. Je suis en retard. Oui c’est vrai je ne pourrai pas arriver à l’heure prévue. Je me prépare, je prends un café, je renverse le café. Et bien oui il est renversé. Je cherche le dossier, je ne le trouve pas. Oui c’est vrai, je ne le trouve pas, je cherche ici, là, le voilà. Ou sont les clés ? Il n’y a rien que je puisse changer, le réveil qui n’a pas sonné, le café renversé, le dossier introuvable, rien ne peut être changé, tout est tel qu’il doit être. Tout est parfait tel que c’est si je vis ce moment dans la conscience de ce qui est, si je laisse venir chaque moment et si je l’accueille tel qu’il est.

Lorsqu’on réalise qu’on peut vivre ce qui est sans rajouter une histoire par-dessus la réalité, alors tout devient simple, la vie coule, elle suit son cours, elle sait où elle va et tout se fait.

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